ENCORE UN SUICIDE AU TRAVAIL
Par Delphine DAMIENS le mercredi 18 juillet 2007, 10:58 - Lien permanent
La nouvelle vient de tomber, terrible : un 6ème salarié de Peugeot vient de suicider en se pendant sur son lieu de travail. Depuis le début de l'année, 6 personnes en poste chez le constructeur automobile ont préféré en finir avec la vie plutôt que de continuer à souffrir. Si on ajoute les 3 salariés de Renault depuis octobre dernier, cela fait beaucoup, beaucoup trop. On peut se poser plusieurs questions:
Quelles les conditions de travail chez peugeot?
Cadences infernales, pressions de la hiérarchie, objectifs démesurés, manque de personnel. La concurrence est aujourd'hui beaucoup plus féroce à cause de la mondialisation et la réduction des coûts devenue l'alpha et l'omega de la plupart des politiques industrielles. Cela se traduit par des employeurs qui exigent de plus en plus de leurs salariés au détriment de leurs conditions de travail et pire au détriment de leur santé. C'est ainsi que les accidents de travail ont augmenté de manière significative ces dernières années.
Quel est le résultats des négociations avec les partenaires sociaux?
Les organisations syndicales ont très vite pris conscience des dérives du système en demandant de négocier des gardes-fous en matière d'organisation du travail mais se sont heurtés au blocage des syndicats patronaux.
Quels sont les moyens de préventions?
La mise en place d'un numéro vert d'assistance psychologique, une cellule psychologique destinée à prévenir ce phénomène.
Alors que chez RENAULT,
La Caisse primaire d'assurance maladie a reconnu comme un accident du travail le premier de la série des trois suicides de salariés du Technocentre de Renault à Guyancourt. De plus on constate la mise en place d'un plan de soutien aux personnels de Guyancourt.
Mais maintenant on peut se demander: Les constructeurs savent que les objectifs qu'ils demandent aux cadres sont facteurs de pression et de stress alors pourquoi ne pas avoir prévu avec le CHSCT et la Direction RH d'une mise en place d'un dispositif spécial? Pourquoi le dialogue social reste figer sur cette question?
Commentaires
Si cela bloque c'est sans doute pour des raisons financières et disons "organisationnelles".
Financières, parceque reconnaître comme risque professionnel le stress au travail, c'est pour l'employeur assurer financièrement ce risque. Par les temps qui courent, cela ne peut pas faire du bien à la compétitivité immédiate de l'entreprise. Il n'y a qu'à le mettre en parrallèle avec la question de l'exposition professionnelle à l'amiante pour comprendre.
Organisationnelles ensuite car comment faire pour distinguer ce qui relève du stress professionnel et ce qui relève du stress individuel, quelles solutions apporter sans empiéter sur la vie personnelle, et plus généralement comment faire baisser la pression dans un contexte concurrentiel de plus en plus rude.
Sans compter que le suicide (et sans en minorer le drame que cela représente) n'est que la face visible de l'iceberg. Combien de souffrances qui se traduisent par des addictions diverses (antidépresseurs, tabac, alcool, amphétamines, etc...), des arrêts longue durée et pour finir des démissions.
Peut-être que la question de fonds c'est la place que l'Homme occupe dans l'entreprise. Qui est au service de qui ?
Oui la place de l'homme dans entreprise? peut être la question de fonds. Mais celle que moi je me pose c'est pourquoi dans d'autre pays il y a pas ce genre de phénomène comme en Ireland ou il y a les salles de détente ou en Inde ou il y a des cours de yoga.
Pourquoi en France on ne prend pas exemple.
Bonne question ! peut-être une question de culture. Nos vieilles habitudes judéo-chrétiennes, du genre "on a rien sans rien, il faut souffrir pour mériter le paradis", matiné de l'exemple américain que nous tentons de suivre depuis plus de 60 ans : toujours plus, plus haut, plus fort. Et que l'on a du mal à concevoir dans nos sociétés occidentales que le corps et l'esprit sont interconnectés et que quand l'un déraille, l'autre n'est plus à la fête.
www.comprendre-agir.org
La santé, la place de l'individu au sein des organisations du travail sont au centre des préoccupations d'un nombre croissant de salariés. Le CHSCT est un outil pour les salariés comme pour le syndicat, c'est pourquoi nous avons regroupé sur un site Internet les différents champs d'actions et de compétences. L'intervention syndicale est indispensable pour regagner le respect, la dignité, l'égalité, la reconnaissance de la personne au travail. Notre réflexion porte également sur l’élaboration de stratégies d’actions face aux violences du travail et au harcèlement moral, entamée avec les chercheurs dans le cadre de l’ISERES (ancien Institut Syndical d’Études Recherches Économiques et Sociales de la CGT).